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CATALOGUE
"Effets Murs"
Prochainement jppweb.com va vous
présenter sous forme de clip vidéo plus de 2200 clichés
de graffitis, tags, Trow-up et Flop . Tous ces clichés sont
pris sur Montréal down town et ces quartiers .
Ces clichés ont été
baptisés par jppweb.com "Effets
Murs" du au caractère ephémère .
Ce reportage a pris naissance
en février 2006, beaucoup de ces clichés n'existent
déja plus , démolition, nettoyage, re-graffité......etc
Le reportage n'a pas de date de
clôture et la mise a jour se fera régulièrement.
Les clichés ne sont pas
libre de droit, afin de les préserver et de respecter la propriété
des auteurs ces documentaires vous seront présentés
en format adéquats.
Articles empruntés sur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Graffitis
Vocabulaire
La caricature d'un homme politique, à Pompeï
Graffiti vient de l'Italien graffito (qui au départ désignait
un stylet à écrire), et a le même sens qu'en français.
Son pluriel est graffiti. L'usage n'a pas retenu une tentative de
francisation en graffite (fin XIXe siècle), ni le singulier
graffito (qu'utilise, entre autres, André Malraux) : on
dit un graffiti, des graffitis.
Le mot italien graffiti dérive du latin graphium (stylet d'écriture)
qui tire son étymologie du grec graphein (grafein) qui signifie
indifféremment écrire, dessiner ou peindre.
En français, les graffitis issus de la tradition new-yorkaise
et associés à la culture Hip Hop sont souvent appelées
graffs (mais les pochoiristes des années 1980 parlaient aussi
de graffs), parfois orthographiés graphes (au risque d'une
confusion avec la notion mathématique du même nom). Les
auteurs de ces graffitis sont appelés graffeurs et graffiti-artists
plutôt que graffiteurs. En québécois il n'est
pas rare de qualifier les graffiti-artists de graffitistes. Les mots-valise
calligraffiti et calligraffitiste, attribués à Bando
dans Le Livre du Graffiti (éd. Autrement, cf. bibliographie)
n'ont pas été retenus par l'usage. En anglais, on parle
de graffiti-artists, writers ou encore aerosol artists.
Histoire
2e s., un âne crucifié. Le commentaire Alexamenos respecte
dieu suggère que ce dessin raille un soldat converti
une peinture recouverte de graffitis exécutés par des
militaires, Fort de Cormeilles-en-Parisis
Voir aussi : Chronologie du graffitiOn distingue généralement
le graffiti de la fresque[1] par le statut illégal ou en tout
cas clandestin, de l'inscription. Ainsi il est a priori douteux de
qualifier les peintures rupestres de graffitis, car nous ignorons
leur statut à l'époque[2].
Les graffitis ont une grande importance en archéologie :
ils font partie, avec les textes épigraphiques, des témoignages
écrits non littéraires, populaires, souvent très
« vivants » et aptes à nous révéler
des aspects inédits des sociétés qui les ont
produits.
Les graffitis antiques pouvaient être aussi bien des annonces
électorales, des messages de supporters à certains athlètes
(sportifs ou gladiateurs), des messages à contenu politique,
religieux, érotique ou pornographique, personnel, etc. Quelques
exemples[3] :
« Cornelia Helena est la maîtresse de Rufus »,
« J'ai baisé ici le 19 et le 13 des calendes de
septembre », « Pyrrhus salue son confrère
Chius. J'ai de la peine d'avoir appris que tu étais mort. Alors
adieu », « Si tu as compris ce que peut lamour,
si tu as conscience dêtre humain, prends pitié
de moi, permets-moi de venir, Fleur de Vénus, ... »,
« Tu es une charogne, tu es un rien du tout »,
« Mur, je suis surpris que tu ne te sois pas effondré
sous le poids des bêtises de tous ceux qui ont écrit
sur toi ».Ces graffitis sont généralement
rédigés en latin vulgaire et apportent de nombreuses
informations aux linguistes comme le niveau d'alphabétisation
des populations (car ces textes comportent des fautes d'orthographe
ou de grammaire). Ces textes fournissent aussi des indices sur la
manière dont le latin était prononcé par ses
locuteurs.
On peut encore lire des graffitis âgés de deux millénaires
à Pompeï car c'est l'un des rares sites qui soit suffisamment
bien conservé. En effet, les graffitis sont par essence éphémères
et disparaissent, soit parce que leur support a disparu, soit parce
qu'ils ont été effacés manuellement ou qu'ils
aient juste été victimes de l'érosion naturelle
de leur support.
L'Antiquité et le Moyen Âge nous ont laissé de
nombreux autres exemples de graffitis : l'Agora d'Athènes,
la Vallée des rois en Égypte, les grands caravansérails
du monde arabe, etc. Ces inscriptions ont parfois une importance historique
qui est loin d'être anecdotique, en prouvant par exemple que
des mercenaires grecs ont servi en Égypte au VIIe siècle
avant l'ère chrétienne[4].
Dans la cité d'Éphèse, on trouvait des graffitis
publicitaires pour les prostituées, indiquant de manière
graphique à combien de pas et pour combien d'argent on pouvait
trouver des professionnelles de l'amour.
On connaît de nombreux autres exemples anciens de graffitis :
Graffitis maya à Tikal (Guatemala), graffitis vikings en Irlande
ou à Rome, runes varègues en Turquie, etc.
On trouve souvent des graffitis, parfois très anciens, dans
des endroits abrités de la lumière, de l'humidité,
et peu décorés, tels que les cellules de prisons, les
cellules monacales, les casernes[5], les cales des bateaux, les caves,
les catacombes (les graffitis des premiers chrétiens, dans
les catacombes romaines, sont une importante source de documentation
à leur sujet), etc. Certains meubles en bois sont souvent gravés
d'inscriptions : tables et bancs d'écoles[6], portes de
toilettes publiques.
Vers l'âge de la cinquantaine, Restif de la Bretonne, écrivain
libertin du XVIIIe siècle, rapportait les évènements
de sa vie sous forme de graffitis qu'il faisait sur les parapets des
ponts de l'Île Saint-Louis lors de ses promenades quotidiennes.
Il a abandonné cette activité maniaque (qui a duré
de 1780 à 1787) en constatant la disparition trop rapide de
ses mots et après s'être rendu compte qu'une main malveillante
les effaçait[7]. Il effectue alors le relevé de ses
propres mots qu'il transcrit finalement dans un recueil publié
posthumément et intitulé Mes inscriptions.
Le graffiti urbain se développe souvent dans un contexte de
tensions politiques : pendant les révolutions, sous l'occupation,
pendant la guerre d'Algérie, en mai 1968, sur le Mur de Berlin,
ou dans les régions où se posent des problèmes
d'autonomie (Bretagne des années 1970, Irlande du Nord), etc.).
Vers la fin des années 1960 et dans plusieurs pays des deux
côtés de l'atlantique, du fait notamment de la disponibilité
d'Aérosols de peintures émaillées (originellement
destinées à la peinture d'automobiles), une partie des
graffitis a gagné une vocation esthétique.
New York, le
berceau de la culture Hip Hop
Le mouvement a été très spectaculaire
dans le métro de New York, dont les rames se sont subitement
couvertes de noms : Taki 183, Tracy 168, Stay High 149, etc.[8]
En quelques années, ces « tags » (marques)
se sont sophistiqués et sont devenus des signatures, puis leurs
auteurs ont décliné leur message (leur nom) sous forme
de lettrages géants. La simple affirmation d'une identité
(je me surnomme Taki, j'habite la 183e rue »[9], mon nom
parcourt la ville tous les jours, j'existe) s'est doublé d'ambitions
plastiques, qui se sont révélées être un
autre moyen de se faire remarquer : ce n'est plus seulement le
graffiteur le plus actif ou celui qui prend le plus de risques qui
obtient une forme de reconnaissance, mais aussi celui qui produit
les uvres les plus belles. Très rapidement, des styles
standardisés (lettrage « bulles »,
lettrage « wild
style ») et
des pratiques (« top-to-bottom
whole car »[10],
« Whole Car Windows Down »[11],
« throw-up »[12],
etc.) se cristallisent. Des groupes (appelés « posses »,
« crews », « squads »
ou « gangs »),
comme la ville de New York en a toujours connus, se forment et permettent
aux graffiteurs de s'unir pour exécuter des actions spectaculaires
(peindre plusieurs rames d'un train par exemple), pour ajouter un
nom collectif à leur nom individuel, mais aussi pour s'affronter
entre groupes, de manière pacifique ou non.
Ces groupes sont souvent constitués par origines ethniques
et ont pour noms des acronymes en deux trois mots : Soul Artists
(SA), The Crazy Artists (TCA), etc.[13]. En 1973, le New York Magazine
lance le concours du plus beau graffiti du métro. Au milieu
des années 1970, la culture du Graffiti est plus ou moins figée
dans son fonctionnement et dans ses productions. La culture hip hop
émerge du graffiti mais aussi d'autres formes d'expression
nées en même temps : une nouvelle danse plutôt
acrobatique (break dance), un genre musical à base de textes
parlés (rap), de mixage de disques (dee jaying), (scratch)
et de fêtes en plein air (sound systems). Les deux pionniers
les plus célèbres d'une conjonction entre break dance,
rap, dee-jaying et graffiti sont Phase 2 et Fab Five Freddy.
À la fin des années 1970, le graffiti a été
sévèrement réprimé dans le métro
de New York et a commencé à se diffuser sur les murs
des boroughs défavorisés de la ville, avant d'essaimer
dans d'autres grandes villes américaines (Los Angeles, Chicago,
Philadelphie, Washington) et dans diverses capitales du monde :
Paris, Londres, Berlin, Amsterdam et Barcelone surtout.
C'est à cette époque aussi que le milieu de l'art commence
à se pencher sérieusement sur le sujet[14]. Des graffiteurs
« légendaires » tels que Lee Quinones,
Futura 2000 ou Fab Five Freddy peignent sur des toiles et exposent
leur travail dans des galeries telles que la Tony Shafrazi Gallery
ou la Fun Gallery de Patti Astor, la galerie Fashion Moda ou encore
la Galerie Sydney Janis. Des peintres qui ne sont pas spécialement
issus des quartiers défavorisés de New York et qui ont
généralement suivi un cursus classique en Arts ou en
communication visuelle, intéressés par l'idée
d'un art dans urbain ou d'un art clandestin, s'associent aux graffiteurs
(comme Jenny Holzer, qui fera écrire ses « truismes »
à la bombe par Lady Pink) ou s'approprient leur pratique (Jean-Michel
Basquiat, Keith Haring, Kenny Scharf, Rammellzee).
Paris
Miss.Tic : « J'enfile l'Art-mur pour
bombarder des mots-coeurs »
La confrontation des silhouettes de Gerard Zlotykamien, Richard Hambleton
et Jérôme Mesnager.
En 1960, Brassaï publie le livre Graffiti, fruit de trente ans
de recherches, régulièrement réédité,
qui propose le graffiti comme une forme d'Art brut, primitif, éphémère.
Picasso y participe. C'est sans doute la première fois que
l'on évoque le graffiti comme un art.
Dans la foulée de mai 1968, les messages politiques de la rue
parisienne gagnent en poésie et en qualité graphique.
Ils sont notamment le fait d'étudiants en philosophie, en littérature,
en sciences politiques ou en art et font souvent preuve d'humour absurde
ou d'un sens de la formule plutôt étudié :
« Cache-toi, objet ! », « Une
révolution qui demande que l'on se sacrifie pour elle est une
révolution à la papa. », « Le
bonheur est une idée neuve. », « La poésie
est dans la rue », « La vie est ailleurs »,
« Désobéir d'abord : alors écris
sur les murs (Loi du 10 Mai 1968.) », « J'aime
pas écrire sur les murs. », etc.[15]. Ces slogans
sont indifféremment écrits au pinceau, au rouleau, à
la bombe de peinture (plus rare) ou sur des affiches sérigraphiées.
C'est de cet affichage sauvage et militant que naît une tradition
parisienne du graffiti à vocation esthétique. À
la fin des années 1970, l'artiste Ernest Pignon-Ernest produira
des affiches sérigraphiées, sans slogans, qu'il exposera
dans plusieurs grandes villes : « les expulsés »,
collés sur les murs de maisons en démolition et représentant
à taille réelle des personnes tenant des valises ou
un matelas, « Rimbaud », représentant
le poète, jeune, toujours à taille réelle. Les
sérigraphies urbaines d'Ernest Pignon-Ernest interpellent le
passant et lui demandent quelle est la place de l'homme ou de la poésie
dans la cité moderne.
Quelques années plus tard, les premiers « pochoiristes »
comme Blek le rat continueront sur le même principe, mais leurs
oeuvres ne sont plus des affiches collées mais des peintures
exécutées selon la technique du pochoir. Outre les pochoiristes,
de nombreux artistes s'intéressent à l'art urbain et
clandestin, comme Gerard Zlotykamien qui peint des silhouettes évoquant
les ombres macabres restées sur les murs d'Hiroshima, Jérôme
Mesnager, auteur d'hommes peints en blanc qui courent sur les quais
de la seine, etc. C'est aussi l'époque de la Figuration Libre,
une époque de créativité joyeuse et humoristique,
née du Pop-Art, de Bazooka, du vidéo clip, du Graffiti,
souvent présente dans la rue, avec Robert Combas, Les Frères
Ripoulin (qui peignaient sur des affiches posées clandestinement),
Claude Costa (qui se fait enfermer la nuit dans le métro pour
pouvoir en détourner les affiches), Hervé Di Rosa, Speedy
Graffito, Paëlla Chimicos, etc.
Outre la rue, les catacombes de Paris seront aussi à l'époque
un lieu important du graffiti.
Le graffiti « new-yorkais » (ou « tag »)
apparaît en France dès 1982-1983, avec des artistes comme
Bando, Blitz, Lokiss, Scipion, Skki ou encore Saho. Les premiers articles
de presse consacrés à ce phénomène ne
datent pourtant que de 1986[16]. Vers 1986-87, le graffiti « new-yorkais »
et sa culture hip-hop prennent définitivement le pas à
Paris sur les formes plus proches du monde de l'art contemporain lequel
retourne, sauf exception, à ses galeries.
À Paris, le graffiti new-yorkais se trouve des lieux privilégiés
comme les quais de la seine, les palissades du Louvre ou du Centre
Georges Pompidou et enfin le terrain vague de Stalingrad/La Chapelle,
puis s'étend progressivement aux cités des banlieues
où la culture hip-hop trouve son second souffle en devenant
plus populaire et moins bourgeoise. Paris attire de nombreux graffiteurs
européens (Shoe, Mode 2) mais aussi américains (Jonone,
Futura 2000, T-Kid).
Berlin
Le mur de Berlin
En 1961, le Mur de Berlin est construit. Il sépare symboliquement
et physiquement l'Europe socialiste dite « de l'Est »
de l'Europe atlantiste dite « de l'Ouest ».
Tandis que les allemands de l'est n'ont pas le droit d'approcher le
mur, ceux de l'Ouest viennent de leur côté écrire
des slogans, bénéficiant d'une totale bienveillance
des autorités de l'Allemagne fédérale qui fait
de Berlin à l'époque la capitale allemande de la liberté,
de l'art et de la contre-culture : on y a le droit de consommer
du hashish, de nombreux squats y prospèrent et c'est un des
hauts lieux du Punk, avec Londres et New York.
De nombreux artistes viennent alors du monde entier pour peindre sur
le mur qui est à peu près intégralement maculé
au moment de sa destruction, en 1989.
Barcelone
En Espagne, la culture Hip Hop a percé plus
tardivement que dans le reste de l'Europe[17]. La ville de Barcelone
accueille pourtant une quantité extraordinaire de graffitis
atypiques et créatifs qui mixent revendications sociales et
politiques, graphisme underground et, dans une certaine mesure, culture
Hip Hop.
Techniques
Graffiti au pochoir
Un graffiti-artist à Bucarest
Un lettrage « Wild-Style »,
Le Havre, France
Il existe de nombreuses techniques de graffiti ou d'art de rue assimilables,
telles que : la peinture aérosol (avec ou sans pochoir),
la peinture à l'aérographe, la gravure (sur des vitres,
sur des murs, sur l'écorce des arbres, etc.), le marqueur et
le stylo, la craie, la peinture au rouleau ou au pinceau, l'acide[18]
auxquels on peut adjoindre, dans une définition élargie
du graffiti, l'affiche, les autocollants, les moulages (en résine
ou en plâtre collés sur les murs) et la mosaïque
(voir : Space Invader).
Le graffiti dit « new-yorkais »,
ou « hip hop » se caractérise
par des formes relativement définies ou la créativité
individuelle ne peut s'exprimer que dans un cadre codé, voire
figé, et impliquant l'adhésion à toute une culture
(vocabulaire, lieux, préoccupations, goûts musicaux,
etc.) :
* Le « Tag » (marque,
signature) est le simple dessin du nom de l'artiste. Le geste est
généralement très travaillé, à
la manière des calligraphies chinoises et japonaises, c'est
un logo plus qu'une écriture, et souvent, seuls les habitués
parviennent à déchiffrer le nom qui est écrit.
Les techniques utilisées sont généralement l'aérosol,
le marqueur et l'autocollant (« sticker »).
* Le « Graff' », ou « Fresque »,
ou « burning » (et en français
« brûlure »), ou « Piece »
voire « Masterpiece »
(chef d'uvre) est le nom souvent donné aux graffitis
sophistiqués et exécutés en plusieurs couleurs.
* Le « Throw-Up », ou
« Flop » est une forme intermédiaire
entre le Tag et la fresque : il s'agit de grands dessins de lettres,
et non de signatures, pourvus d'un "volume" et de contours
mais qui sont exécutés rapidement et sans soin particulier
(pas d'effort de couleur par ex.). Ils servent à promouvoir
le nom de l'artiste d'une manière qui soit visible de loin.
Certains font aussi la démonstration du talent typographique
de l'artiste.Il existe un grand nombre de styles pouvant s'appliquer
aux fresques et parfois aux « flops ». Citons
par exemple le style bulle (« Bubble »), le
« Chrome » (qui
imite les réflexions des objets chromés), le « Bloc »
(lettres carrées et compactes) et le « Wildstyle »
dans lequel les lettres sont illisibles, abstractisées, enchevêtrées
et décoratives, lisibles uniquement par les initiés.
C'est, selon beaucoup, la discipline « reine »
du graffiti new-yorkais tandis que pour d'autres ce sont les lettrages
les plus simples et les plus purs typographiquement parlant qui méritent
le plus de considération.
Certains graffiti-artists peingnent peu de lettres et se spécialisent
dans le dessin de décors figuratifs ou abstraits, ou bien de
personnages. Le graffiti new-yorkais s'inspire de plusieurs arts dits
« mineurs », tels
que la bande dessinée[19], le tatouage et l'affiche.
Les motivations du graffiti
« Bush contre le monde ».
Graffiti suisse
mot d'amour gravé sur un arbre
Années 1930, 40, 50, 2000... des inscriptions d'amoureux et
de passants, sur le mur d'une chapelle de Bétharram
De nombreuses raisons expliquent l'existence de graffitis.
Certains graffitis relèvent de la communication pure et servent
donc à diffuser un message, par exemple un message politique,
souvent (mais pas uniquement) un message politique clandestin :
nationalismes régionaux en Irlande du nord, en Bretagne ou
en Corse, "v" de la victoire et de la liberté sous
l'occupation nazie, etc.
Certains graffitis contiennent des informations secrètes ou
publiques se rapportant au lieu qui leur sert de support. C'est le
cas par exemple des graffitis discrets et codés laissés
par les cambrioleurs sur des habitations pour indiquer à leurs
collègues si le lieu est intéressant, dangereux, mal
gardé, etc. C'est le cas aussi des étoiles de David
ou des mentions « juden » peintes ostensiblement
sur les boutiques de commerçants juifs par les nazis en Allemagne
dans les années 1930, inscriptions qui étaient souvent
des appels à vandaliser les lieux, à molester leurs
locataires et à boycotter les commerces. Dans le même
registre, certains graffitis sont des messages diffamatoires ou des
dénonciations annonymes émanant de « corbeaux »
divers.
Certains graffitis servent à baliser un territoire, comme le
font les gangs criminels tels que les Crips et les Bloods à
Los Angeles.
Parfois les graffitis peuvent être décrits comme des
réactions à d'autres messages diffusés dans l'espace
urbain, tels que les publicités détournées (Le
Pen se voit ajouter is) ou commentées (« non à
la malbouffe ! », « halte au porno ! »)
et les panneaux de signalisation, mais aussi des réponses à
d'autres graffitis (« nique Sharon »
pour Ariel Sharon qui se voit ajouter « Stone »
pour Sharon Stone) ou des détournements d'autres graffitis
(« vive le roi », qui devient « vive
le rôti » dans les années 1930 en France).
De nombreux graffiteurs-artistes affirment justement créer
leurs images en réaction à la saturation publicitaire :
à des images aux buts vénaux, ils opposent des images
gratuites ; à des messages faisant la promotion de produits
standardisés, ils opposent une publicité pour eux-mêmes.
Il s'agit d'ailleurs parfois de publicité au sens propre :
publicité pour un disque diffusé de manière confidentiel,
pour un groupe de rock, pour un artiste, pour un parti politique,
etc.
Certains graffitis sont la simple expression, annonyme ou non, de
sentiments : cris du cur divers, joie (« il
fait beau et je suis content »), déclaration d'amour
(« Mélissa je t'aime ») ou de haine.
On recense depuis l'antiquité de nombreux exemples d'hommages
à des défunts, sur leurs sépultures (voir par
exemples les tombes de certains artistes ou poètes au Cimetière
du Père-Lachaise à Paris) ou dans d'autres lieux :
le mur de la maison de Serge Gainsbourg, Rue des Saints-Pères
à Paris, était couvert de graffitis-hommages après
le décès du chanteur. Les hommages de ce type sont courants
aussi dans le graffiti « new-yorkais »[20] .
L'attaque terroriste du 11 septembre 2001 a généré
une grande quantité de graffitis mémoriels, rendant
notamment hommage aux services (police, pompiers) de la ville.
La mémoire est d'ailleurs un aspect important du graffiti :
en gravant sur un arbre ses amours, en dessinant sur ses bancs d'école
ou en inscrivant sur un mur le témoignage de son passage (comme
les pionniers de la piste de l'Oregon, en 1864, ou comme « Kilroy »
en 1944), l'auteur de graffiti transforme son support en un véritable
pan de mémoire : mémoire collective, mémoire
des évènements, mémoire individuelle... Cette
motivation prend un tour exemplaire avec Restif de la Bretonne qui
tenait le journal de ses souvenirs sur les parapets des ponts de Paris.
Le graffiti relève parfois de l'art visuel, de la littérature,
ou encore de l'humour[21]. Il constitue alors une manifestation de
l'esprit humain, poétique de par son éphèmèreté
et altruiste de par son mode de diffusion.
Enfin, certains graffitis relèvent du simple vandalisme, de
lincivilité, actions qui pour certains sociologues sont
une manière d'affirmer son existence (« je casse
donc je suis »).
Le graffiti « Hip Hop », ou « tag »,
qui représente 90% des graffitis aux États-Unis (Source :
[nograffiti.com .]) et sans doute autant dans la plupart des pays,
est un cas complexe. Il se donne souvent des ambitions esthétiques
mais constitue dans le même temps une forme de langage secret,
destiné à n'être compris que par une population
limitée, ce qui ne va pas sans irriter le public qui perçoit
bien qu'on lui impose la vue d'images qui ne lui sont pas destinées[22].
Le « tag » a effectivement sa culture propre.
Chaque taggueur a un pseudonyme et une signature qu'il utilise pour
revendiquer des uvres ambitieuses mais aussi (plus courament,
car c'est plus facile), pour signaler sa présence dans un lieu
et se faire connaître, transformant la ville en une sorte de
jeu de piste et de stratégie géant. Un taggueur peut
avoir plusieurs talents : une capacité à peindre
dans des endroits difficilement accessibles, l'énergie et le
culot suffisants pour écrire son nom partout (le vocabulaire
consacré est explicite : "exploser", "détruire",
"cartonner"...) ou encore un talent artistique véritable.
Le but final du « tag » est apparemment difficile
à expliquer : adrénaline ? célébrité
locale ?... C'est la forme de graffiti qui déclenche le
plus de controverses, notamment du fait de l'ampleur du phénomène
mais aussi, sans doute, du fait qu'il est l'expression d'une culture
bien définie.
La lutte anti-graffiti
tags dans des toilettes à Helsinki en Finlande.
« throw-up » sur le Palais des Congrès,
à Rouen. Le Graffiti accompagne souvent la dégradation
des bâtiments
La Ville de New York et la Metropolitan Transportation Authority ont
pris vers la fin des années 1970 la décision d'éradiquer
le graffiti du métro. L'accès aux rames est devenu plus
difficile et bien gardé, les métros peints n'étaient
plus sortis et étaient nettoyés le plus rapidement possible.
De 1984 à 1989, mille employés du métro new-yorkais
s'acharnent à nettoyer leurs 6245 wagons et 465 stations, pour
un coût annuel de 52 millions de dollars[23]. Ces efforts pousseront
les graffiteurs à abandonner le métro pour peindre sur
des murs et sur des toiles. Certains devront, au passage, changer
de nom. Le mandat du maire Rudolph Giuliani, à partir de 1994,
qui prône une « tolérance zéro »
à la délinquance, fera du graffiti urbain non autorisé
une de ses cibles prioritaire, considérant qu'un délit
impuni, qu'une cabine téléphonique endommagée,
qu'un tag ou qu'un simple carreau cassé sont le début
de la paupérisation de tout un quartier.
En France c'est surtout le graffiti politique qui est pourchassé
avec sévérité, le graffiti à vocation
visuelle est d'abord considéré comme une curiosité,
mais dès le milieu des années 1980, la ville de Paris
s'équipe de machines à pression pour effacer les graffitis
sur les murs, et commence, tout comme la RATP, à déposer
des plaintes. L'époque est aussi celle d'une débauche
d'affichage sauvage à caractère publicitaire (politique,
services minitels) et les machines anti-graffiti servent aussi à
retirer les affiches. Vers 1987, les métros parisiens sont
même couverts de tags et la population se lasse nettement, ce
qui conduira à un durcissement judiciaire (y compris dans les
lieux qui traditionnellement ne posaient pas de problèmes comme
les entrepôts désaffectés). Vers 1990, la RATP
était parvenue à marginaliser le tag dans le métro,
sinon à l'éradiquer complètement, le rendant
au passage plus propre qu'il avait jamais été. Une évolution
comparable a pu être observée dans d'autres capitales
d'Europe touchées par le phénomène. Aujourd'hui,
de nombreuses villes françaises d'importance moyenne ont investi
dans des machines anti-graffiti, ce qui représente un coût
non négligeable. Les sociétés de transport, particulièrement
visées, y consacrent aussi une partie de leur budget. La SNCF
chiffre par exemple le coût du nettoyage des graffitis de ses
trains à 5 millions d'euros par an.
Certains lieux comme les abords des gares, le long des voies, sont
couverts de graffitis que la SNCF n'efface que rarement, car ils ne
constituent pas un problème esthétique (le lieu choisi
n'étant pas plus beau sans graffitis que avec), mais qui posent
en revanche des problèmes importants de sécurité.
Il n'est pas rare que le trafic ferroviaire soit interrompu du fait
du passage de rôdeurs à proximité des voies.
[modifier]La controverse
Depuis les débuts du « tag » à
New York (début des années 1970), la controverse « Art
ou vandalisme ? » divise.
On peut prendre pour exemple un éditorial du New York Sun[24]
qui compare le graffiti à des métastases[25] et s'en
prend violemment au New York Times qui n'évoque que les questions
artistiques, concluant par cette phrase : « le Times
fournit le discours idéal pour une génération
qui refuse de grandir ».
Si l'on se fie à la Théorie de la vitre cassée
développée aux États-Unis, le graffiti est un
facteur d'insécurité, car il laisse aux populations
le sentiment que leur quartier est délaissé par les
pouvoirs publics et que les incivilités sont impunies.
D'autres points de vue, pas forcément contraires, peuvent être
avancés : avec les graffitis, les jeunes s'occupent de
manière créative (et donc positive), s'approprient l'espace
public et lui apportent même une gaité chromatique parfois
bienvenue.
La lutte par les moyens techniques
Mur dédié au graffiti, à Barcelone[modifier]La
prévention
Supports anti-tags
Des moyens techniques ont été mis au point pour décourager
les graffiteurs, comme l'utilisation de vernis, de films plastique
et de peintures anti-tags (qui empêchent la peinture de sécher
correctement ou facilitent les opérations de nettoyage), ou
encore la décoration des surfaces par des motifs qui rendent
les tags illisibles (testé par la RATP au cours des années
1980, sans grand succès).
Accès au matériel
La régulation de la vente des produits servant à faire
des graffitis est un moyen classique de lutte en amont contre le "tag".
Elle est mise en application dans de nombreux villes et comtés
des États-Unis. Elle a été proposée (mais
non retenue) par la mairie de Paris en 1992 et par Gérald Tremblay,
maire de Montréal, en 2006. Cette régulation peut prendre
plusieurs formes différentes : interdiction à ceux
qui en vendent d'exposer des bombes de peintures au public ;
interdiction de vente de bombes de peinture aux mineurs ; interdiction
de vente de marqueurs indélébiles d'une certaine épaisseur.
Encadrement des graffiteurs
La mise à disposition de murs dédiés au graffiti
(comme à Venice Pit en Californie, comme au Palais de Chaillot
à Paris), est une pratique couramment mise en uvre par
des municipalités ou autres institutions et dont le but avoué
est de canaliser de manière localiée l'énergie
créative des auteurs de graffitis. Ces derniers ne se prêtent
pas toujours au jeu, par peur qu'il ne s'agisse d'une ruse pour savoir
leur identité, ou parce qu'ils considèrent toute institutionalisation
du graffiti comme absurde ou domageable à l'essence subversive
du graffiti.
Les commandes de décorations à des graffiteurs, l'organisation
de festivals de graffiti (Kosmopolite à Bagnolet, depuis 2002 ;
Jam graffiti à Chalon-sur-Saône, etc.) ont le même
but.
Le site nograffiti.com observe que les expositions consacrées
aux graffitis et autres murs d'expression libres n'envoient pas forcément
un message clair car leur périmètre est inmanquablement
vandalisé : au lieu de circonscrire les graffitis à
une zone autorisée, ces pratiques constitueraient donc un encouragement
au vandalisme.
La réparation
Les surfaces maculées peuvent être traitées
avec des outils tels que le jet d'eau à forte pression, le
jet de sable, ou des dissolvants. Certaines graffitis sont simplement
recouverts à la peinture, sans chercher à retrouver
l'aspect d'origine du mur, en partant du principe qu'un lieu où
les graffitis ne restent pas longtemps décourage les graffiteurs.
[modifier]La surveillance
Pour le métro de New York, la MTA et la mairie, sous l'administration
du maire Koch, ont empêché l'accès aux rames de
métro en entourant les dépôts de trains de deux
rangées de hauts grillages barbelés et en lachant des
chiens dans le couloir formé par ces clôtures. Additionné
à une politique de nettoyage systématique des trains,
la méthode a fonctionné.
À Los Angeles, un système technique sophistiqué
nommé « TaggerTrap » (piège à
taggers) a été testé. Il permet de repérer,
grace à leur son très spécifique, des bombes
de peinture que l'on actionne. Ce système aurait permis de
repérer et d'arrêter de nombreux taggers en pleine action
(Reuters, 13 février 2003, 8:07)
Par ailleurs, des sociétés américaines se sont
spécialisées dans la collecte et le recoupement d'informations
sur les graffitis, permettant aux pouvoirs publics une « traçabilité »
du tag afin de recenser toutes les oeuvres d'un auteur et d'étendre
les condamnations bien au delà du flagrant délit.
La bataille de la communication
Aux États-Unis, en avril 1982, une campagne
anti-graffiti a été lancée par la ville de New
York, portée par des célébrités new-yorkaises
telles que les boxeurs Héctor Camacho et Alex Ramos, les acteurs
de Fame Irene Cara et Gene Ray ou encore le champion de base-ball
Dave Winfield. Ces personnalités étaient réunis
sous le slogan : « Make your mark in society, not
on society » (laissez votre empreinte dans la société,
pas sur la société)
La RATP, en France a lancé une campagne d'affichage au début
des années 1990 présentant le tag de Megaton et avertissant
que les graffitis seront désormais effacés immédiatement :
« Bien que nos galeries soient les plus fréquentées,
certains modes d'expression n'y auront plus leur place ».
Huit ans plus tôt, la régie des transports parisiens
avait réalisé avec Futura 2000 une campagne publicitaire
pour ses services.
En 2003, toujours en France, la SNCF a attaqué les magazines
Graff'it, Graff Bombz et Mix Gril, accusés d'encourager le
graffiti sur les trains en en publiant des photographies. L'indemnité
réclamée, de 150 000 euros[26] pour chaque journal,
suffirait à faire disparaître ces journaux. Déboutée
en première instance, la SNCF a fait appel. Les trois journaux
ont reçu le soutien de toute la presse et de la Ligue des Droits
de l'Homme, qui considèrent qu'une victoire de la SNCF constituerait
une inquiétante remise en question du libre droit d'informer.
[modifier]La lutte par les moyens judiciaires
Cet article est écrit du point de vue dun pays ou d'une
région et doit être internationalisé.
Noubliez pas que Wikipédia est un projet dencyclopédie
universelle francophone. Pour nous aider à améliorer
larticle, voir notre guide d'internationalisation.
Le dispositif légal
États-Unis
Aux États-Unis, les comtés et les villes apportent des
réponses diverses au problème du graffiti. Certains
lieux comme le comté de Los Angeles par exemple se contentent
de réglementer la vente de produits pouvant servir à
graffiter, tandis que la ville de Los Angeles dispose elle d'un arsenal
de décrets bien plus sévère qui s'étend
jusqu'à la rémunération de la délation.
Les décrets locaux concernant le graffiti aux États-Unis
peuvent contenir les rubriques suivantes :
* Déclaration du caractère nuisible du graffiti (s'étendant
parfois à des considérations esthétiques)[27].
* Réglementation de la vente de matériel pouvant servir
à faire des graffitis (bombes, marqueurs indélébiles,
etc) : vente aux adultes uniquement, inaccessibilité du
matériel, etc.
* Réglementation, sur la voie publique, de la détention
de matériel pouvant servir à faire des graffitis
* Définition de peines encourues pour les graffitis exécutés
sans l'accord explicite du propriétaire du support : amendes,
travaux pour la communauté, etc.
* Responsabilisation des parents d'auteurs de graffitis
* Appels à dénoncer les graffiteursFrance
Lorsqu'ils ne sont pas faits sur des supports autorisés, les
graffitis constituent, pour le droit pénal français,
une « destruction, une dégradation ou une détérioration
volontaire d'un bien appartenant à autrui », qui
est punie :
* d'une contravention de 5e classe (1 500 euros ou plus) s'il n'en
résulte qu'un dommage léger (Article R.635-1 du Code
Pénal).
* d'une amende pouvant atteindre 30 000 euros et d'une punition pouvant
atteindre 2 ans d'emprisonnement dans les autres cas (Article 322-1
du Code Pénal).Par ailleurs, la teneur des inscriptions (menaces
de mort, incitation à la haine raciale, diffamation, etc.)
peut constituer un délit en soi.
L'affaire de la SNCF
Les faits
Début 2003, en France, une vaste enquête regroupant des
agents de la Police nationale, de la SNCF et de la RATP, a abouti
au démantèlement d'un réseau de 150 graffiteurs
auraient causé plusieurs dizaines de millions d'euros de dégâts
depuis 1999.
Jusqu'ici, les tagueurs n'étaient poursuivis que pour les dégradations
dont on avait prouvé en flagrant délit qu'ils étaient
les auteurs. Les graffiteurs n'étaient souvent condamnés
qu'à des travaux d'intérêts généraux
consistant notamment à réaliser des fresques pour le
compte de la SNCF. Cependant les sociétés de transports
publics et l'état se sont retrouvés confrontés
à une pratique du graffiti de plus en plus mal vécue
par les usagers [28] comme par le personnel d'entretien, de plus en
plus coûteuse et de plus en plus agressive[29].
L'organisation de la lutte
En 1999, la SNCF se dota d'une mission Propreté qui commença
par prendre des contacts sérieux avec la Police nationale et
se dota de ses propres agents enquêteurs, munis d'appareils
photos numériques afin de photographier le maximum de graffitis
dans tout l'hexagone.
Quelques magistrats prirent conscience de l'ampleur du phénomène
et à partir de 2001 demandèrent aux policiers de remonter
jusqu'aux auteurs des revues et des sites Internet consacrées
aux graffitis, de répertorier les tags afin de différencier
les bandes, afin de les traduire devant la Justice. Désormais,
la Justice souhaitait poursuivre un tagueur pris, non plus seulement
sur un fait de flagrant délit mais sur l'ensemble des tags
qui présentent une même signature et des mêmes
caractéristiques.
À partir de juin 2001 l'organisation de la lutte anti-tagueurs
commença à monter en puissance :
* toutes les photos de tags prises par les agents de la SNCF sur toute
la France et de la RATP sur la région parisienne furent centralisées,
répertoriées et analysées par des spécialistes,
afin d'attribuer chaque graffiti à la bande responsable ;
* les policiers, peu à peu, remontèrent les filières
des sites et des journaux, grâce aux agendas et aux papiers
saisis, de plus en plus de membres de bandes furent arrêtés.
Lors des perquisitions, les policiers ramenèrent divers éléments
de preuve : revues, carnets d'adresses, agendas, sites Internet,
contenus des messageries et adresses IP des correspondants, numéros
de téléphones portables, informations permettant de
pénétrer de nuit dans les bâtiments et garages
de la SNCF et de la RATP, avec parfois le double des clés ;
* certains graffeurs prirent peur. Un collectif d'avocat commença
à donner dans les revues des conseils aux tagueurs en cas d'arrestation.Les
procès
Le premier procès a eu lieu en 2003 à Versailles. Il
n'était plus question d'amendes légères contre
les 150 personnes poursuivies : la SNCF et la RATP avaient demandé
d'importantes sommes en dommages et intérêts. Pour la
seule SNCF, le montant s'élève à 1,3 million
d'euros. Il s'est avéré à la lumière du
procès que certains des tagueurs avaient des métiers
lucratifs dans la publicité ou le graphisme.
Économie du graffiti
Une bombe de peinture de la marque Altona, très
populaire pendant les années 1980.
Une publicité spontanée (?) et enthousiaste pour la
marque de bombes de peinture « Altona », par
le graffiti-artist Bando, Paris, palissades du Louvre, 1984.
Assez tôt dans l'histoire du graffiti « new-yorkais »,
de jeunes artistes ont été rémunérés
pour décorer des boites de nuit et des devantures ou des rideaux
de fer de boutiques. Certains vivent véritablement de cette
activité, notamment les artistes « légendaires »
dont d'autres graffiteurs débutants n'oseront pas saccager
le travail : avoir un rideau de fer peint par un graffiteur respecté
est l'assurance que celui-ci ne sera plus vandalisé par des
tagueurs.
Certains graffiteurs vendent leur travail sous forme de toiles peintes,
ou le déclinent sous forme de Tee-shirts et autres décorations
vestimentaires, de prestations graphiques (cf. La « Carte-Jeunes »
de la fin des années 1980 qui était dessinée
par le peintre Megaton), d'illustrations pour des pochettes de disques,
de bijoux, de planches de skateboard, etc.
Des graffitis sont parfois exécutés, contre rémunération,
en présence du public pendant certains évènements
tels que des concerts ou des matchs de sports populaires.
Le Graffiti a engendré un phénomène éditorial
qui n'a rien de négligeable depuis la parution du livre Subway
Art[30] qui sera suivi d'un grand nombre d'autres ouvrages et deviendra
une section à part entière dans les rayons « Arts
graphiques » des librairies. Une presse se développe
aussi avec des journaux tels que le International Graffiti Times'
(1984) aux États-Unis, Graf Bombz, Mix Grill, Graff'it ou 1
Tox en France, Sicopats en Espagne, Stress aux États-Unis,
Bomber megazine aux Pays-Bas, etc.[31] Les journaux « généralistes »
consacrés au Hip Hop ouvrent souvent largement leurs colonnes
au graffiti.
Des boutiques consacrées à l'achat de matériel
pour les graffiteurs existent dans plusieurs grandes villes d'Europe
ou d'Amérique du Nord. On y trouve notamment des peintures
aux couleurs rares et aux propriétés couvrantes adaptées,
des « buses » (le bouchon diffuseur de l'aérosol)
servant à faire des traits aux formes précises
très fins ou très épais, par exemple ,
des marqueurs très larges, des masques, des lunettes ou des
combinaisons de protection, etc.
Plusieurs marques de peintures aérosol plébiscitées
par les graffiteurs ont profité de cette célébrité :
Krylon, Red Devil, Altona, Alac, Dupli-color, Marabout-Buntlack. La
plupart ont essayé de dissocier leur image de marque du graffiti,
comme Krylon qui a lancé un programme de sensibilisation nommé
Graffiti Hurts (le graffiti fait mal)[32]. Inversement, quelques marques
telles que Hotflam, Red Alert, Pro Line et Montana visent nettement
la clientèle des graffiteurs.
Lieux de conservation ou d'étude
de graffitis
Graffiti ancien représentant un pèlerin.
Musée du graffiti ancien à Marsilly
* Musée de la Mémoire des murs, Verneuil-en-Halatte
(Oise), ouvert en 1987 [4]
* Musée des Graffiti anciens, Marsilly (Charente-Maritime)